Bonifatu et Calenzana
BONIFATU - CALENZANA : 4 H 45 ET 287 M de denivelé
Et voilà la dernière étape. Facile croyons-nous, mais nous nous trompons. Un pâle soleil nous accompagne. Nous longeons une rivière encaissée et photographions les roches dentelées et creusées qui abritent des retenues d’eau. Les chemins sont très caillouteux. Après une heure de marche le temps s’assombrit de plus en plus et cette rando sera la pire de toutes.
Il pleut sans discontinuer et de plus en plus fort. Même avec les capes nous sommes vite trempées. L’eau dégouline dans nos chaussettes et nous pataugeons dans nos chaussures pleines de flotte. Nous marchons dans la grisaille sans jamais pouvoir admirer la beauté du paysage. C’est très frustrant. Il y a de la brume partout. J’ai très froid et je rêve d’être devant un feu de cheminée et devant un bon repas chaud. Mais il faut avancer et redoubler de prudence car les cailloux glissent. L’étape est éprouvante.
Enfin, soulagées, nous apercevons les premières maisons de Calenzana, Renée commande trois taxis. Nous avons rendez-vous sur la place de l’Eglise du village. Trempées, gelées et affamées, nous pénétrons dans l'église pour ôter notre cape et s’abriter. La cape de Geneviève étant déchirée, ses vêtements sont tout mouillés. Elle s’est presque mise à poil pour se changer sous le regard bienveillant de la vierge Marie. Que Dieu lui pardonne.
Nous retrouvons la civilisation, notre portable fonctionne enfin, ai-je des textos ? Â
Nous mangeons notre pauvre pique-nique goulûment en se réchauffant près d’un radiateur. Nos chaussures sont très lourdes d’eau et mettrons trois jours pour sécher. Un poids supplémentaire à porter.
Le soir nous dînons dans une cave de l’hôtel emménagée en restaurant, peu éclairée et qui sent le renfermé. Au menu : tarte au fromage, poulet au curry sur du riz, la portion est copieuse mais très épicée, et beaucoup trouvent que le plat est immangeable. La chambre est envahie de moustiques et Marie-Jo qui a pitié nous drogue pour pouvoir dormir. A chaque petit bobo, il y en a toujours une qui vole à notre secours. Le drap tiré jusqu’aux cheveux, on finit par sombrer dans un sommeil sans rêve.