La Vendetta

LA VENDETTA : LE MYTHE DE L’HONNEUR  

Déjà l’écrivain philosophe et avocat, Sénèque Lucius Annaeus Senea, exilé entre 41 et 48 apr. J-C, à Aléria, disait des autochtones que se venger était la première loi des Corses(…).
L’éloignement de la justice génoise et les défaillances de son application ont longtemps poussé celui qui avait subi une offense grave, à estimer de son devoir de faire justice par lui-même : c’était la vendetta, la vengeance, qui se nourrissait aussi de la résistance à une domination politique. C’est le sentiment d’injustice, d’inégalité de traitement qui est à l’origine du développement de cette forme de justice privée, primitive. Le mythe de l’honneur l’y obligeait et déjà au XVIIIè siècle, la plupart des auteurs corses signalent un grand nombre de meurtres. Les grands auteurs du XIXè siècle comme Maupassant, Balzac, Dumas, s’intéressaient de près, à la vendetta. Dans le célèbre « Colomba » de Mérimée,  les Barricini et les Della Rebbia, sont opposés politiquement, avec comme enjeu, le pouvoir sur le village à travers la mairie, entre conservateurs royalistes et bonapartistes. Ce fléau est tel que ce fut une véritable plaie sociale. De là sont nés les « bandits d’honneurs », car la règle voulait que le justicier « pris le maquis ». En fait, les vrais bandits d’honneurs furent peu nombreux. Mais dans un pays occupé par une administration étrangère, le rebelle était une sorte de héros populaire. Il était donc aidé, nourri et soutenu par le clan pour échapper à la loi.


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La vendetta Corse était quand même soumise à quelques règles :


-    Un conseil de famille était réuni et décidait si l’offense reçue pouvait y donner lieu
-    La famille de l’offenseur était avertie avec une certaine solennité.
-    Elle excluait le vol, comme moyen de vengeance.


Les écrivains célèbres, sans le vouloir, ont contribué grandement à donner une image corrosive de cette terre sauvage et cruelle, peuplée de héros romantiques, qui deviendra véritablement un cliché.
La conciliation faisait partie des règles coutumières corse qui était rarement abordée dans la littérature. Les « paceri »- référence à « pace », la paix- étaient des sages, désignés pour faire taire rancunes et fusils. Paradoxalement, une des solutions proposées était le mariage d’un garçon et d’une fille dans l’une et l’autre famille, en unissant le sang de deux familles ennemies, il effaçait la dette du sang versé.
Ces mêmes enjeux se retrouvent dans les îles Méditerranéennes en Sicile, en Crête, et jusque dans les Balkans comme en Albanie