Dictons Corses

QUELQUES  DICTONS CORSES
 
Les proverbes, disaient les anciens, sont la voix du peuple, donc celle de Dieu, et ont existé immédiatement après l’évangile. Ils étaient testés pendant des siècles avant d’être utilisés et respectés comme les textes des Saintes Ecritures. On les léguait de génération en génération.
Ces proverbes et expressions, encore largement utilisés, sont le reflet des usages disparus et évènements historiques, qui constituent un des aspects de la vivacité de la langue corse :

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Per cunosce una persona, bisogna manghjà cun ella una somma di sale. (Pour connaître une personne, il faut manger beaucoup de sel avec elle).

Un’ conosci più a filetta. (Il ne connaît plus la fougère).-Se dit d’une personne de retour au pays, qui semble ne plus connaître les coutumes.

A lavà u capu a l’asinu, si perde fatiga e sapone. (A vouloir laver la tête de l’âne, on perd fatigue et savon).

Chi duie case tene, in una ci piové. (Qui se sert de deux maisons, il pleut dans l’une d’elles.) Il ne faut pas entreprendre plusieurs choses en même temps.

Buciardu cume a scopa. (Menteur comme la bruyère)…qui fleurit, mais ne donne pas de fruits.  

Agnellu pasquale, caprèttu in Natale (agneau à Pâques, cabri à Noël)

Parchi l’amicizia tenga, ch’una manu passi e l’altra venga. (Pour que l’amitié tienne, qu’une main aille et l’autre vienne);-à rapprocher de « les petits cadeaux entretiennent l’amitié ».

Un è bella a spòrta chi arréca e un pòrta. (N’est pas belle la corbeille qui porte sans rapporter) - la corbeille reçue pleine et renvoyée vide.

L’òmi si leanu cu a paròlla, i bòi cu a funa. (On attache les hommes avec la parole, les boeufs avec de la corde.)

 fica zembla, ugnunu s’arremba. (Chacun s’appuie au figuier qui penche)- on s’acharne volontiers sur les faibles.

Dimmi quanti tu mi tèni e micca quanti tu mi vèni. (Dis-moi le degré de ton affection et non celui de notre parenté).

Cucini di tèrzu è a piu bèlla parintia : un hanu nulla à sparte. (Cousins issus de germains, c’est la plus belle parenté : ils n’ont rien à partager)- en parlant du bien de la famille.

Mina u còlpu e piatta a manu. (Frapper le coup et cacher la main)- faire ses coups en cachettes.

Célu à muntunélli, acqua à puzzatelli. (Ciel moutonneux, petites flaques de pluie).

Pigli moglie e dumara. (Qu’il prenne femme et il se calmera).

Mòre più grassi ca passi. (Il meurt plus de personnes grasses que ratatinées).

Mòre più agnélli ca muntòni. (Il meurt plus d’agneaux que de moutons)- Ce que rappelle une personne âgée à des jeunes qui se moquent de son âge.

Fanne à pédi e à cavallu. ( En faire à pied et à cheval) – «  de toutes les couleurs »

Esse à cavallu à pédi mòzza. (Etre sur une monture amputée des jambes)- « être dans une position sans issue ».

À chi è gòffu di natura un li vale lavatura. ( Chez celui qui est laid par nature la toilette est sans effet).

U muntòne chi un pòrta a so lana è una pecura. (Le mouton qui ne porte pas sa toison est une brebis)- disait un vieillard aux jeunes hommes qui rasaient leur barbe.

Billèzza un si ne magna. ( La beauté ne se mange pas).

U be’ un è mai tardi. ( le bien n’est jamais tardif)- il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Un bugiardu ne face centu. (Un menteur en fait cent).