A voir à Aleria

Fort de Matra - A l'extrémité du village situé sur la colline s'élève le fort de Matra. Construit par les Génois à la fin du 16e s. sur un emplacement déjà fortifié, il a subi de nombreux remaniements et a été récemment restauré. C'est ici que Théodore de Neu-hoff débarquant en Corse le 12 mars 1736 fut accueilli solennellement. Le rez-de-chaussée du fort abrite aujourd'hui le musée Jérôme Carcopino.

Musée Jérôme Carcopino - Ce musée porte le nom de l'historien corse. Il abrite une collection d'objets provenant de la nécropole préromaine et du site de la colonie d'Aléria fouillés et mis en valeur depuis 1955 par J. et L. Jehasse. Le musée est en cours de réaménagement et seul l'étage est ouvert aux visites. Divers objets de bronze, de fer, de verre et une précieuse collection de céramiques attestent la continuité des relations commerciales entre Aléria. la Grèce et l'Italie. Parmi les céramiques étrusques, remarquer un groupe d'œnochoes (vases à verser le vin) provenant de Faléries. des vases et plats de Caere et un cratère de Vulci (vase à large ouverture servant aux mélanges d'eau et de vin) représentant Pirithoos aux enfers. Deux fins cratères godronnées du style de Gnathia (4e s. av. J.-C.) illustrent l'art de l'Apulie.

Les plus belles pièces viennent de l'Attique : coupe attribuée à Panaitios (vers 480 av. J.-C.) ; cratère du Peintre du Dinos (vers 425 av. J.-C.) où l'on voit Dionysos assis, entouré de deux satyres et d'une nymphe.

La dernière salle présente le contenu de la plus ancienne tombe découverte à Aléria (début du 5e s. av. J.-C), en particulier deux remarquables rhytons attiques (vases à boire) en forme de tête de chien et de mulet. Revenir sur ses pas. Le hall d'entrée et la salle qui lui fait suite situent Aléria dans l'Empire romain (plans, inscriptions, monnaies, amphores, lampes à huile...). Dans la salle 2, superbe tête de marbre : Jupiter Hammon, le front ceint de cornes de bélier, datant de l'époque de Trajan et découverte au Sud-Ouest du forum.

Dans les salles suivantes sont exposés les objets découverts dans la nécropole, en particulier, salle n° 11. des bronzes étrusques et une collection de céramiques attiques (coupes et cratères) des 5e et 4e s. av. J.-C. à figures rouges et à figures noires. Parmi les pièces principales, signalons une coupe illustrant le thème d'Héraklès terrassant le lion de Némée (470 av. J.-C.) et un cratère du «peintre de Pan» (460 av. J.-C.) représentant Dionysos et Silène présidant à la vendange.

La ville antique

En sortant du fort, prendre à droite un chemin qui conduit à la cité antique. Les fouilles ont permis de dégager le forum et le soubassement des principaux monuments de la ville romaine. Les emplacements dégagés ont été replantés d'espèces méditerranéennes (pins, cyprès).

Forum - On y pénètre par l'axe Nord ou «carûo». Cette place de forme trapézoïdale, cœur de la vie publique de la cité, était bordée au Nord et au Sud de portiques dont on a dégagé l'emplacement des colonnes. A ses extrémités se faisaient face un petit temple et le capitole (édifice servant de centre à la vie municipale).

Temple - Il date vraisemblablement de l'époque d'Auguste et offre un soubassement de galets taillés provenant du Tavignano. Sur son flanc Nord, l'abside d'un édifice chrétien montre la continuité de l'occupation du site à travers les siècles. Plus au Nord ont été dégagés les vestiges d'une vaste demeure dite Domus « au dolium » car elle possède en son milieu une grandejarre en terre cuite appelée «dolium ».

Capitole - Accès par le portique Nord. Consacré, comme à Rome, à Jupiter, Junon et Minerve, le capitole est le monument religieux et politique le plus important de la colonie d'Aléria. Il a été rasé à l'époque génoise. On y accédait par un escalier monumental. Un triple portique le fermait vers l'Ouest et l'esplanade ainsi délimitée a été occupée au Bas-Empire par un petit ensemble thermal dont il reste les bassins.

Balneum - Restauration et aménagement en cours. Cet ensemble de plan trapézoïdal est séparé du capitole par le portique Nord. On y reconnaît les citernes, bassins, et probablement des chambres, vestiaires et salles chauffées (caldarium) par un système de canalisations souterraines (hypocauste). A l'Ouest du balneum, en bordure du plateau, était située une vaste «domus» où l'on reconnaît un hypo­causte et de nombreuses citernes destinées à des thermes privés.

Église St-Marcel 0 - Bâtie face au fort, à l'emplacement d'une ancienne cathé­drale romane, elle conserve dans ses murs des pierres provenant de la ville romaine.

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